La vision du monde de l’Europe et la mondialisation
La mondialisation : bénédiction ou malédiction ? La mondialisation est différente de la globalisation, distinction fondamentale que ne connaît pas la langue de Shakespeare, contrairement à celle de Molière. En effet la mondialisation est un phénomène alors que la globalisation est une approche. La réponse à l’interrogation bénédiction-malédiction s’inscrit dans la durée : la mondialisation ne connaît pas de frontières, elle dépendra de la capacité des États souverains, coincés dans leurs frontières, à comprendre les défis planétaires globaux, d’agir en conséquence, en concertation, en cohérence et en cohésion. De plus, la réponse dépendra en fin de compte de nous, de tout un chacun mais ensemble, dans tous les aspects et à tous les niveaux de notre vie quotidienne, collectivement en convergence et surtout pas en dispersion. La mondialisation est un phénomène irréversible – au point que les anti-mondialistes en ont pris conscience en devenant alter-mondialistes - phénomène qui ne pourra être régulé - et maîtrisé que dans un contexte de globalisation càd de stratégies, de politiques et d’actions globales. Force est de constater que ce n’est pas le cas. À l’heure actuelle, les leviers de commande de la mondialisation échappent de fait à tout contrôle, en raison de
l’inaptitude des États souverains incapables de s’entendre. Le domaine de compétence des Etats souverains se rétrécit au fur et à mesure que leur pouvoir national et leur gestion nationale s’imbriquent avec et dans l’environnement planétaire. Tant et si bien que les États souverains, qui en furent et en sont encore les acteurs centraux, sont dépossédés de leur pouvoir hors de leurs fiefs nationaux. Les États souverains gesticulent, mais ne dirigent plus le cours des choses. Les États souverains s’installent dans le court terme et ne sont guère en mesure d’offrir une vision d’avenir à la Planète en voie de dévastation, une vision qui puisse remporter l’adhésion des peuples, des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes de la Planète. L’heure semble propice à la mobilisation citoyenne grâce à des personnalités au-dessus de tout soupçon comme Stéphane Hessel, Michel Rocard, Benjamin Barber, Pierre Calame … grâce à des mouvements comme Le Mouvement pour l’Interdépendance, le
Collegium International Éthique, l’Assemblée Mondiale de Citoyens – qui a donné naissance à la Charte et à l’Alliance - lancée et soutenue par la Fondation pour le Progrès de l’Homme … Les États
souverains, qu’ils soient puissants ou dominants ou dominateurs, sont impuissants mais n’en sont pas conscients ou ne veulent pas le savoir. Car, pour l’instant, rien ne les remplace, mis à part les germes, ô combien modestes, ensemencés depuis un demi-siècle dans un processus unique dans toute l’histoire de l’humanité, celui de l’édification de l’Europe. Le nouvel ordre politique et économique planétaire reste à inventer.
