Quelle sécurité (géo)politique mondiale ?
Lors de sa publication en 2003, The Breaking of Nations de Robert Cooper avait retenu l’attention des spécialistes des relations internationales, des géographes, des politistes, des chercheurs en géopolitique, voire même plus largement, des sciences sociales et de la presse. D’abord parce qu’il s’agissait du premier livre « grand public » d’un diplomate et d’un chercheur qui propose depuis plus de dix ans, une réflexion très intéressante sur le fonctionnement du monde et sur le système international. Malgré de nombreuses ambiguïtés — qui tiennent à la fois au parcours de l’auteur, mais surtout à la mise à jour progressive des capacités de modèles de Cooper à surmonter leurs propres contradictions internes —, les travaux de Robert Cooper sont autrement plus stimulants que ceux de Thierry de Montbrial sur « le système du monde » (Montbrial, 2003 et 2005), ou que « l’hyperterrorisme » de François Heisbourg en France par exemple (Heisbourg, 2003).
Depuis les années 90, Cooper a ainsi publié plusieurs textes importants, particulièrement dans le cadre du Foreign Policy Center de Londres (Cooper, 2002). Mais jusqu’à présent la diffusion de ces textes restait la plupart du temps limitée aux cercles des spécialistes des relations internationales et de géopolitique, même si les travaux de Cooper pouvaient ponctuellement être utilisés au-delà de ces cercles.
