La sécurité alimentaire en Chine
La Chine est un grand pays tant pour l’agriculture que pour la population. Garantir la sécurité alimentaire fait partie des principales préoccupations des différents gouvernements. Depuis un demi siècle, la production et l’approvisionnement garanti des grains en Chine a connu dans l’ensemble les quatre périodes suivantes :
La première période a commencé au début de la fondation de la Chine nouvelle, qui correspondait à la période du relèvement économique où les ravages de la guerre ont été guéris, la réforme agraire accomplie, et l’idéal de « rendre les terres aux cultivateurs » réalisé. En 1949, la Chine comptait une population de 550 millions d’habitants et la production totale des grains (y compris les légumineux et les patates, idem ci-après) n’était que de 110 millions de tonnes, soit 200 kg par personne. Au bout de trois années d’efforts, en 1952, la production céréalière totale a atteint 160 millions de tonnes, soit une augmentation de 48% par rapport à l’année 1949, dépassant ainsi le record historique d’avant la Guerre anti-japonaise enregistré en 1936.
La deuxième période a débuté à partir de 1953. L’économie planifiée a été mise en œuvre, la politique du monopole d’Etat sur l’achat et la vente de grains est entrée en vigueur et l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente, résultant de la hausse du prix d’achat, a été subventionné par les finances de l’Etat. Cette période a duré jusqu’en 1984 où la production totale de grains a atteint 400 millions de tonnes et malgré le doublement de la population, la production moyenne par habitant s’est élevée à 397 kg.
La troisième période a commencé en 1985. Le monopole d’Etat sur l’achat de grains a été développé. L’économie planifiée a évolué vers l’économie de marché. Un système de « double voie », axée à la fois sur l’achat par l’Etat sous commande et sur la vente libre, a été appliqué. En 1991-1992, le prix de vente a fortement augmenté à deux reprises pour être aligné au même niveau que le prix d’achat, créant ainsi les conditions nécessaires à la libéralisation des prix de vente de grains et à la réduction des subventions financières de l’Etat. En 1994 et en 1995, afin de défendre les intérêts des paysans, le prix d’achat de grains par l’Etat a augmenté à deux reprises. En 1996, la production totale de grains a dépassé pour la première fois 500 millions de tonnes, et la production moyenne par habitant a atteint 412 kg. Dans un contexte où l’offre dépassait la demande par phase et pour des raisons structurelles, les prix du marché des grains ont chuté, le rendement relatif de grains a baissé ; pour défendre les intérêts des paysans, une politique d’achat de grains, au prix protégé et sans limite de quantité, a été mise en place.
La quatrième période commence en 1999. C’est la période de restructuration, marquant la transition d’une part, du manque de l’offre du passé à l’excédent relatif de l’offre et d’autre part, de la recherche de la quantité à celle de la qualité et du rendement. En 1999-2000, pour deux années consécutives, il s’est produit une baisse générale en terme tant de surface ensemencée de grains, de production totale que de rendement unitaire et de production moyenne par habitant. En 2000, certaines variétés céréalières ont été retirées du périmètre des prix protégés, pratiqués par l’achat d’Etat. En 2001, l’achat sur commande et les prix de grains sont libéralisés dans certaines provinces côtières. Mais en raison de l’importance des quantités de grains en réserve et de l’insuffisance de la demande utile, aucun changement notable n’est constaté pour la baisse des prix sur le marché des grains. La situation sur les prix des grains reste stable et le problème de rendement médiocre pour la production céréalière persiste.
