Vieillissement du monde et mondialisation du vieillissement
Cet article est la version dactylographiée préliminaire d’un chapitre présenté dans l’ouvrage collectif dirigé par J.C. Chastelan et J.C. Chesnais sous le titre « La population du monde, géants démographiques et défis internationaux » (Les cahiers de l’INED, N° 149, Paris, 2002, pp. 547-580).
Devant la diversité des indicateurs du vieillissement démographique, l’auteur a choisi de créer un indice synthétique via une méthode factorielle et de comparer sur cette base les régions du Monde à trois périodes de référence : 1950 et 2000 pour le passé et le présent et 2050 pour le futur attendu, d’après les projections des Nations Unies. On y constate que, même si le vieillissement démographique accuse des niveaux plus faibles dans les pays en développement, la vitesse de progression est cependant nettement plus grande au Sud qu’au Nord, et donc que les pays de ce groupe connaîtront des difficultés d’adaptation beaucoup plus fortes pour relever le défi des changements structurels en cours et en devenir.
Même si le vieillissement reste, pour beaucoup de pays du Sud, une perspective encore assez lointaine, tous ceux qui se sont engagés assez tôt dans des politiques actives de limitation des naissances (comme Taiwan, Singapour, la Corée du Sud, etc.) seront soumis à des contraintes sociétales liées au vieillissement beaucoup plus fortes et plus rapides. La Chine fait figure de cas particulier, avec une fécondité qui est tombée depuis plus d’une quinzaine d’années en dessous du seuil de remplacement des générations, suite à la politique drastique de l’enfant unique, mais aussi avec un niveau de mortalité particulièrement bas et une espérance de vie nettement supérieure à la plupart des autres pays en développement, deux facteurs qui contribueront à provoquer un intense vieillissement à la fois par la base et par le sommet de la pyramide des âges.
