Reconnaître les habitants pour construire des villes capables de futur
Difficile à croire que l’air des villes rend libres.
Dommage, les données parlent assez cruellement: l’on estime que, actuellement, 1,6 milliards de personnes sont sans abri ou mal logés, dont le 70% sont des femmes ; entre 30 et 70 millions d’enfants vivent dans la rue ; 1,7 milliards n’ont pas accès à l’eau potable ; 3,3 milliards n’ont pas des services sanitaires ; les réfugiés sont de centaines de millions, soit empêchés par certains Etats de rentrer chez soi, soit délogés de leurs territoires à cause de l’occupation étrangère (Palestine, Kurdistan, Tibet, etc.), ou bien pour laisser la place à des megaprojets de développement économique.
Singulièrement, la Déclaration finale de Istanbul+5, l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’Agenda Habitat (UNGASS, New York, 6-8 juin 2001), affirme que l’offre inadéquate de logements est à rechercher dans les obstacles qui empêcheraient le fonctionnement des marchés immobiliers et fonciers, puis que l’on regrette que beaucoup de pays n’aient pas profité suffisamment du marché. Compte tenu que le marché immobilier n’a jamais fonctionné si bien et que les profits réalisés n’ont jamais étés autant élevés qu’aujourd’hui, ce même marché quand a-t-il pu offrir des logements aux familles défavorisées ? D’autre part, ne c’est ce même marché à empêcher les pays de pourvoir à leurs besoins financiers dans le domaine du logement social et de l’aménagement urbain ?
Cette confiance aveugle dans les marchés est à la base du recul des responsabilités accordées aux politiques publiques: la participation sociale et le rôle des pouvoirs locaux sont limités, le 0,7% du PNB pour l’aide au développement est laissé au bon coeur des gouvernements, etc.
D’autre part, cette aggravation de l’exclusion urbaine démontre que bien des pays, soit développés soit du troisième monde, enfreindrent le Pacte International sur les Droits économiques, sociaux et culturels. S’il semble normal parler d’exclusion du logement dans les PVD, il faut rappeler qu’en Europe il y a quelque 3 millions de sans abri et entre 15 et 18 millions de personnes mal logées, alors qu’aux Etats Unis l’on estime un nombre de homeless équivalent, dont quelque 270.000 sont les vétérans de guerre.
